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PYRENEES - GR10 - JOUR 06
Jour 6 – Samedi 17 juillet 2004
 
Quel plaisir sans fin d’être réveillé par la mélodieuse et tonitruante « Marche Turque » de Mozart, dont le son wave de l’orgue bontempi restitue à merveille toute l’âme et le côté grandiose de cet intemporel morceau du patrimoine musical collectif. Un orchestre symphonique exfolié de ses harmonies, pour mieux faire rentrer la grosse caisse dans mon petit portable ! Bref ça réveille bien mieux et plus sûrement que l’alarme de montre. Il est 6h00. Debout !   
Le tonnerre et quelques éclairs ont encore striés le ciel cette nuit, avec pour bien modeste résultat de saupoudrer quelques misérables gouttes sur un sol desséché et calleux. Les chiens du voisinage, sales pestes, aboient dans la nuit, se répondant de loin en loin. On voit bien qu’eux ne trottent pas toute la journée et ont besoin de se reposer la nuit venue !
Au moment de plier la tente, comme chaque matin à cette occasion, je pense à Smaël.
En effet, au cours d’un week-end en Chartreuse, à proximité du Monastère, j’avais sollicité son aide pour plier la tente, car ça allait plus vite. Alors, avec humour et pour se moquer de moi aussi, il avait répondu : « Comment tu feras quand tu seras tout seul dans les Pyrénées ! »
Et moi : « Ben comme j’avais fait tout seul dans les Alpes ! ».
Je pense donc à lui chaque matin, c’est comme ça. Exceptionnellement et pour la première fois depuis le départ, le double toit n’est pas humide ou recouvert de gouttelettes de pluie ou de rosée : tout sec ! Le pliage est plus rapide, la tente ne passe pas la journée à mariner dans son jus au fond du sac de rangement. On a les joies qu’on peut !
Je ne sais pas du tout où je suis sinon que ce n’est pas sur le GR10 ! Pourtant un barman m’avait indiqué hier cette direction, au centre de Saint Jean Pied de Port… Deux autres promeneurs me l’avaient confirmé aussi…
Deux solutions : faire demi tour jusqu’à Saint Jean Pied de Port situé à une bonne heure de marche ou continuer dans cette mystérieuse direction, jusqu’à espérer rejoindre le GR10. Quelque part, sans doute.
Poursuivant sur la D301 et son joli goudron, qui d’après la carte à sensiblement la même orientation que le GR10, j’espère ainsi rattraper le sentier et épargnant efforts et marche superflue. Une poignée d’hectomètres, un virage et se profilent un panache de fumée, le clocher de l’église et le bourg de Saint Michel.  
Le brouillard qui jusque là noyait ma carte dans l’inconnu se dissipe et me fait renaître au grand jour. « Saint Michel, Saint Michel : sa mairie, son fronton de pelote et ces WC publics. Saint Michel, Saint Michel, deux minutes d’arrêt !!! ». La plus sage solution est de rejoindre Estérenbucy (231 m) par la route et là, retrouver le fil d’Ariane qui traverse les Pyrénées…
Quelques fraises des bois s’accommodent tant bien que mal du bas côté de la route pour offrir à des automobilistes toujours trop pressés et indifférents le rougeoiement éclatant de leurs fruits mûrs. Courageuses, les petites, pour vouloir encore pousser aux milieu des saloperies balancées ici, comme ailleurs : cigarettes, mégots, papiers, canette de bière et filtres à air. C’est à croire que la même équipe de dégueulasses abjectes sillonne la France en tous points, dans le but unique, malveillant et répréhensible de dégrader l’environnement. A moins qu’hélas il n’y en ait un peu partout de ces dégueulasses là ? 
Estérenbucy : sa mairie, son fronton de pelote de 1944 et ces WC publics !
Je discute avec le pépé de la première maison du village, à droite, juste à côté du calvaire. Il est entrain d’étendre son linge de corps et confirme lui aussi qu’il y a de moins en moins de pluie et que sans doute nous y sommes pour quelque chose. Il évoque avec sagesse l’augmentation du nombre de voitures, qui influe sur le réchauffement de la planète et nous retombe dessus en grillant tout. Il dit encore que du côté d’Irouléguy, les champs sont cuits, qu’il n’y aura pas de regain cette année et que les couleurs des paysages ressemblent à celles de la Beauce, là-haut dans le Nord. Plein de bonnes philosophie comme j’aime, ce bonhomme.
Pour l’eau sur mon parcours, il est moins affirmatif, plus sceptique encore.
De nouveau du balisage, en direction de l’église en réfection, comme au village de Lasse.

La montée à Phalgalcette (585 m) n’a rien de palpitant ni transcendant. Goudronnée tout du long et plus loin encore, elle connaît un bon premier dénivelé qui s’estompe au fur et à mesure de l’arrivée sur cette espèce de plateau herbeux où l’on rencontre plus de champs clôturés que d’habitants. 1h10 de montée en terrain partiellement ombragé. Le temps est couvert, pas de soleil à l’horizon. Tant mieux, il fera moins chaud pour marcher, avaler les kilomètres et le dénivelé.
Comme les panneaux alléchants sur le bord de la route l’indiquaient, je pensais trouver à me restaurer d’un sandwich au gîte d’étape de Phagalcette. Je l’imaginais tout au long de la route, une grosse maison cossue dans le style basque aux volets rouges, du personnel accueillant et du saucisson de pays à tout va, des guirlandes de piments comme autant de colliers de fleurs tahitiennes, séchant sur les façades blanchies à la chaux.
Une petite bouteille d’Orangina bien fraîche en prime. Ben non, déception !
Deux bicoques en « L » unies par une mini terrasse tiennent lieu de gîte. Personne. Quelques arbres, un bout de monticule rachitique fait office de colline contre laquelle s’adosse la ridicule bâtisse perdue au beau milieu des champs. On croirait le lieu abandonné, désolé. C’est moi qui le suis désolé. Adieu saucisson alors ! 
Les clés sont bien sur la porte, mais je n’y touche pas évidemment, en hommage à mon éducation stricte, parfois martiale, privilégiant le respect des autres, la politesse et l’honnêteté. Un côté vaguement protestant qui me joue hélas parfois des tours, étant maladivement trop honnête et suscitant de fait la suspicion d’autrui. Pourtant on pourrait sans crainte me confier son porte-monnaie ou un sac à mains sans que jamais je ne les ouvre. Mais c’est une autre histoire…
Il n’y a personne, j’attends donc patiemment le retour du propriétaire, alors qu’un autre aurait fait lui, le tour du propriétaire !
Je branche cependant mon téléphone à recharger dehors et j’avise un sac rempli de pain dur. J’ai trop faim, je croque un petit quignon tout dur, mais bon et doux sous la dent.
Finalement la propriétaire des lieux arrive en voiture avec son fils, un gamin de 17 ans environ, grassouillet, lymphatique et débonnaire. Il n’est pas loin d’être 11 heures et le gamin porte un jogging trop ample et trop long qui vient finir de s’avachir sur une belle paire de charentaises que j’aurais volontiers échangée !  
Politesses d’usage et avant que la mère (une grosse femme à la tignasse jaune paille délavée, en jogging aussi qui laisse apparaître le volumineux et peu appétissant contour de sa culotte), avant qu’elle reparte, je l’entends dire dans un coin à son fils : « Tu lui diras bien qu’il n’y a pas d’eau ici».
La mère partie, avec le reste de pain dur sans doute préempté par quelques équidés du voisinage, je m’informe sur l’eau dans la région, sur les hauteurs et « Junior » de répéter sa leçon, sans fausse note, sans même culpabiliser un instant de son mensonge :
-          Il n’y a pas d’eau ici.
-          Mais plus haut, dans les montagnes, plus loin ?
-          Je sais pas, je connais pas la montagne… 
 
Il n’y a rien à ajouter. Je quitte cet endroit déplaisant avec un fond de gourde, la gorge sèche et beaucoup d’amertume.
Bien naturellement, je déconseille vivement à des randonneurs prochains de vouloir faire halte au gîte de Phagalcette, pour une heure ou pour la nuit, car « il n’y a pas d’eau ici », pas plus que de générosité ou de sens de l’hospitalité.
 
Le GR reprend l’allure d’un sentier, grimpant à flanc de colline, coupant plusieurs fois la route, au milieu d’une végétation sèche d’épineux et de broussailles parfois touffus, jusqu’à atteindre un col sans nom, sur la croupe d’Ithumambun (820 m). Quarante minutes pour grimper jusque là sans trop de difficulté, nonobstant la transpiration qui colle, les vêtements qui péguent et les mouches qui se régalent et délectent à loisir d’une telle aubaine : une mine de sel à ciel ouvert ! Je trouve fort heureusement de l’eau à un tuyau fixé sur un grillage, entre deux maisons. L’eau jaillit brûlante. Je songe un instant à m’y laver, car elle est vraiment très chaude, mais si elle venait à manquer, que boire ensuite ? En avalant ces gorgées d’eau redevenue tiède à peine, je ressasse amèrement le chaleureux accueil de Phalgalcette, de Junior et sa mère.

Des nuages dansent et se mêlent au brouillard, la brise fraîchit. Le GR continue en descendant une piste pastorale au fond d’un vallon, loin là-bas sur l’autre versant, et au bout d’une heure, le miracle incarné : le sentier décrit un virage en épingle, à l’altitude la plus basse et deux beaux ruisseaux coulent ici. De vrais ruisseaux, avec du débit, du courant et de l’eau, de l’eau ! Hormis les trombes d’eau subies à Hendaye, c’est la première fois depuis le départ que je vois autant d’eau fraîche réunie en un même lieu ! C’est tout bonnement magnifique car ils assurent au fond de ce vallon fraîcheur et douceur grâce à une vraie brise apaisante et vivifiante. Quelques bergeries en pierre, aux toits rafistolées de tôles mangées de rouille, futures ruines en devenir et des emplacements plats à l’herbe douillette et grasse feraient de ce lieu (653 m) une excellente zone de bivouac.
 
Zerrailuak hets otoi : Prière de fermer les barrières ?
 
Des escaliers de bois qui soutiennent la pente est l’empêche ainsi de gagner plus en inclinaison donnent le coup d’envoi de l’ascension vers le col d’Irau. Une petite heure de marche, à avaler les différents étages de végétation, d’abord en prairie fortement inclinée, puis passage en sous-bois au sol jonché de feuilles mortes, victimes collatérales de la canicule pour terminer en terrasse d’alpage et déboucher sur le goudron d’une route perdue.  
Bon dénivelé sympathique donnant à voir en peu de temps plusieurs facettes de la végétation locale. La végétation oui, car le paysage non, pris qu’il est dans le brouillard qui s’abat soudainement. De fait, je pense être arrivé au col d’Irau alors que je ne suis qu’à l’avant poste : une route et trois cabanes ou bergeries, au lieu-dit Iraukotuturru (920 m).  
Après un instant de repos, ayant toujours l’estomac vide et voyant un panneau « vente de saucisson, pâté, vin, etc. », je me dirige vers les bâtiments, à quelques mètres en contrebas de la route. Un homme que je prends pour le propriétaire des lieux, est allongé sur un banc, dehors et dort, dans la froideur et le brouillard.
Je parle et ma voix le réveille finalement, plus forte. C’est un randonneur comme moi. Originaire de Dax, ancien imprimeur. Les yeux vifs, des rides harmonieuses qui l’avantagent sans le vieillir et ne lui donnent pas les 70 ans qu’il annonce avec cet accent que décidemment j’aime vraiment. Sa tenue me semble incongrue par un temps pareil, au baromètre peu engagent et au thermomètre déficient. Notre homme est vêtu d’une chemise F1 de l’armée et donc kaki, qu’il rentre dans un short synthétique à rayures bleues, maintenu par une ceinture surnuméraire bleue marine bien trop lâche. Une casquette blanche sert de couvre-chef. Des chaussettes de sport et de simples basquets l’équipent. Sa petite tente canadienne deux places d’un autre âge forme un creux et apparaît distendue, telle la voile déchirée du radeau la Méduse après la tempête. Il a fait un bien mauvais orage dans la nuit ici. Tout valdinguait, dit-il, à grand renfort de gestes, mimant le vent qui s’engouffre dans la tente, le mât lui tombant sur la tête, la pluie redoublant. On s’y croirait presque ! Notre homme attend ici le retour de son petit-fils parti au chalet Pedro (à trois heures de là) et semble s’ennuyer ferme. C’est un beau parleur, qui n’a pas sa langue dans sa poche et j’ai plaisir à l’écouter mais j’ai grande faim. Il me dit d’entrer dans la cabane et que le berger va me servir, car il lui a acheté hier, saucisson, pâté et vin.
J’obtempère volontiers car mon estomac est aux abois. Je frappe, pousse la porte et allume la lumière. Il fait bon. J’appelle. Personne ne répond. Sur la table, une boite de sucres, j’en mange deux. Des miettes et un couteau au tranchant imbibé de graillon. Dans une assiette, plusieurs dizaines de mouches savourent les reliquats d’un jus sucré tandis que d’autres moins heureuses, se pavanent au plafond le long d’un papier gluant…
Une voix agacée, comme réveillée demande de la pièce voisine restée dans le noir :
-          Qui est là… qu’est ce que vous voulez ?
-          J’ai faim, je voudrais acheter quelque chose à manger. L’autre répond encore plus agacé :
-          Voulez-vous bien sortir, ça ne se fait pas d’entrer chez les gens comme ça, voyons. C’est privé ici.
 
Surpris par cet accueil glacial alors que dehors, le randonneur était presque à me faire le panégyrique du berger, je sors piteusement en voyant s’évanouir pour la deuxième fois de la journée mes rêves de saucisson.
Le randonneur est tout aussi surpris que je me sois fait jeté de la sorte.

Se voyant sinon comme le fautif, du moins à l’origine de ma débâcle alimentaire, il me propose gentiment une baguette de pain. Et se sens presque obligé d’ajouter, comme pour mieux se faire pardonner : ce n’est que du pain d’hier, il est un peu rassis.  Je l’accepte volontiers, et lui en donne cinquante centimes, pour la peine tout comme pour alléger mes poches, trouvant enfin là, le juste moyen de me débarrasser de cette pièce dont j’avais hérité en gare d’Hendaye lors de l’achat de ma carte postale « officielle ».
Tout en continuant à discuter, debout au bord de la route, j’avale tranquillement la baguette un peu sèche, mais salutaire pour moi. Le brouillard et une fine bruine s’invitent dans la discussion, faisant disparaître de ma vue, ce chalet pitoyable où des saucissons m’attendent en vain. Une fois engloutie, je lui demande de poser devant sa tente qui décidemment à bien mauvaise allure, et il s’exécute bon enfant. Je m’en vais, le laissant là, à attendre que sa fille vienne le récupérer car il est HS et ne peut plus continuer à marcher. 70 ans tout de même, il faut le faire.
Comment serai-je à cet âge là ? Où serai-je simplement ce soir ?!!!
 
Le col d’Irau (1008 m), le vrai, l’unique est atteint au bout de vingt minutes sur cette route goudronnée noyée dans le brouillard englobant le paysage et le relief surtout. Rien, pas de visibilité au-delà de dix mètres dans le meilleur des cas. La suite de l’itinéraire implique de gravir un gros mamelon herbeux au sommet duquel pointe le Pic d’Occabé (1456 m). Enfin, je dis ça, il se peut aussi que le Pic ne pointe pas, mais je n’en sais rien, tant le brouillard est dense ! Il est mentionné de plus la présence de cromlechs à proximité du sentier bien marqué dans l’herbe rase que les pas des randonneurs successifs ont asséché plus qu’alentours. Des marquages, quelques piquets peints aux couleurs appropriées, des panneaux indicateurs et des bornes en pierre gravées « GR10 » font de la modeste ascension de ce dôme herbeux, un vrai cache-cache dans le brouillard mais sans danger aucun ni de se perdre, ni de faire une mauvaise chute. On marche ainsi sur du gazon à perte de vue, si l’on peut dire !
Sortis de nulle part, sept randonneurs venant en sens inverse me demandent où se trouvent les cromlechs !
-          Dans le brouillard, vous rigolez !!! Vous passeriez à vingt mètres sans même les voir.
Le meneur de ce groupe d’amis quinquagénaires acquiesce. Les autres semblent dépités, je viens de rompre le charme et l’objectif de leur balade. Ils viennent du chalet Pedro et font une boucle en sens inverse de moi. Je les aide tant bien que mal, à se localiser sur leur carte qui tient plus du croquis enfantin, à travers le crachin, mais ne suis pas un puit de science, hélas !
 
L’ascension vers le sommet du plateau me parait longue dans le brouillard, car plus aucun repère n’est valide. Ni distance, ni dénivelé, ni droite, ni gauche, devant ou derrière. Au plat, au milieu de nulle part, je m’imagine trébuchant et m’affalant de tout mon être au sol. La tête me tournerait. En me redressant, dans quelle direction alors continuer le cheminement ? Impossible d’avoir de certitudes. Aucun point de repère validant la progression kilométrique. On se sent faire du sur place, ou prendre en sens inverse sur un tapis roulant. Les jambes bougent, les muscles forcent bien mais le décor reste immuablement statique. Puis la pente s’infléchit, devient plane un long moment et amorce un tournant et l’on descend. Les cromlechs sont loin, gardant jalousement le secret de leur mystérieux emplacement. Des moutons à tête noire ou des chevaux apportent un peu de vie sur ces landes sauvages et sont autant de points fixes à laisser derrière soit pour se convaincre que l’on avance vraiment. Bien plus tard, le sentier devient plus pentu, la descente s’accélère, l’altitude chute et l’on sort miraculeusement du brouillard, en sous-bois. Le large sentier de terre et de gravier fin pousse entre les arbres.
Arrivée au chalet Pedro (990 m) qui semble être une espèce de gros gîte tirant plus sur l’hôtel massif et accueillant une flopée hétéroclite de touristes ou de randonneurs argentés. Rencontre avec un jeune couple de randonneurs qui font la HRP (Haute randonnée pyrénéenne) depuis Hendaye et souhaitent aller jusqu’à Cauterets. La HRP traverse également les Pyrénées de part en part, comme le GR10 mais sur un itinéraire plus sommital, fait de crêtes, de pics et de pointes variées. La fille mesure un bon mètre quatre-vingt-dix, de larges épaules et le reste tout autant, semble engoncée dans un collant noir trop petit. Brune, mignonne, un joli sourire et des joues toutes rouges de fraîcheur ambiante. Lui est plus mince et porte des lunettes de soleil teintées, en plein brouillard… Chaussures de cuir pour les deux. Sacs à dos Lowe Alpine. Ils ont connu quelques passages en névés aujourd’hui et cherchent un endroit pour la nuit.
Les randonneurs perdus dans le brouillard à la recherche des Cromlechs, finissent leur boucle et regagnent leurs voitures. A ma hauteur, ils ralentissent, baisent la vitre et demandent si je veux qu’ils me déposent quelque part. Sympa, touchant. Je dis juste :
-          Non, je viens d’Hendaye alors…
Seraient-ils allés jusqu’à m’emmener à Banyuls ?!!! Pas si sûr !!!
 
19h00. La tente est juste finie de monter sur une petite éminence plane en gravier, près d’un carrefour situé à 1003 m, un peu à l’écart des tentes et camping-cars. L’endroit est blotti entre la route goudronnée, un étang artificiel et les prémices de la forêt. Un ruisseau coule tout proche. « Ruisseau à proximité, soupe assurée ! ».  
Mon estomac avale ce soir sensiblement les mêmes modestes denrées qu’à l’habitude : une vitamine effervescente en apéritif (à la place de l’Orangina que je n’ai pas eu à Phagalcette), une soupe gratinée, un demi sachet de purée restant d’hier soir, un bolino hachis Parmentier et un thé vert au jasmin toujours très bon, avec trois sucres, soit environ 125 grammes en moins à porter !!! 
 
Mes vêtements puent vraiment et je remercie chaleureusement les différents interlocuteurs rencontrés ici et là d’avoir fait abstraction de mon caractère malodorant ! Je suis par ailleurs tout à fait satisfait de cette belle journée de marche où j’ai peu vu à cause du brouillard, mais bien avancé avec
8h22 de marche effective.
 
 
 
Brouillard
 
Coup de poignard, ou tristes instants blafards
Paysages sommaires de quai de gare
Sur le vaste alpage montagnard
Où mélancolie devient cauchemar
 
Pour cheminer en ces landes au hasard
Nul besoin d’être fier maquisard
Ni passionné de colin-maillard
Juste un p’tit randonneur pas trouillard
 
Point de traquenard ni de jaguar
A redouter ici ni charognards
Au pire un balisage qu’on égare
Et un rancart avec le blizzard
 
On devient furibard et gueulard 
A marcher la plupart au radar
Monsieur météo annonçait vantard
Un magnifique soleil gaillard
 
Les prévisions quel beau canular
Dont on se gausse sur le boulevard
Si l’on est pantouflard ou vieillard
Dans la montagne c’est moins peinard
 
A l’instar d’un bon limier Saint-bernard
Observer et porter loin le regard
Souvent permet sans trop de retard
Ni plus d’avatar de rentrer dard dard
 
Contre le cafard chauffer samovar
Rester aussi enfoui au plumard
Attendre de la brume le faire-part
Annonçant son prochain départ
 

Date de création : 05/03/2008 @ 08:46
Dernière modification : 12/03/2008 @ 18:48
Catégorie : PYRENEES - GR10
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react.gifRéactions à cet article


Réaction n°2 

par gilles le 14/12/2008 @ 19:40

Concernant l'accueil au pays basque, il faut bien avouer que parfois c'est plutôt froid, moi aussi je me suis fait jeter  par un berger au col d'Arette Pierre St martin qui considérait que je lui demandait de couper une trop petite tranche de fromage de  brebis...certainement un cousin des tenanciers du gîte de Phalgacette.....k


Réaction n°1 

par gilles le 14/12/2008 @ 18:51

d Je suis attéré, dégouté par la réaction des propriétaires du Gîte de Phalgacette  par rapport à l'eau. Malheureusement cela n'est pas un cas isolé un randonneur m'a signalé le même comportement dans un gîte du pays basque. Tout ça pour vendre un p..... d'orangina supplémentaire... ces thénardier version montagnarde ne sont heureusement qu'ultra minoritaires ! J'ai séjourné dans ce gîte en septembre 2008 et j'ai eu affaire à des amis des propriètaires, ces derniers étant absent et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié les lieux, toutefois après cette histoire consternante, j'estime que ces tristes sires ne méritent pas que l'on s'arrête dans leur gargotte....


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