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PYRENEES - GR10 - JOUR 23

Jour 23 – Mardi 3 août 2004

 
Réveil 6h00 – Lever 7h30 – Départ 8h35.
Quelques gouttes durant la nuit, une mini averse de quelques minutes sur la tente. Au loin, en bas, dans la vallée j’entends gronder le tonnerre et des éclairs illuminent jusqu’ici. Bruits lointains tout de même ce qui est rassurant ! Pas bien envie de partir ce matin encore et j’ai un petit creux. Alors je déjeune des quatre derniers croissants, d’une tablette de chocolat bien ordinaire et d’un thé chaud Tchaé. 10°C sous la tente. Je plis doucement mes affaires et grimpe les quelques lacets et dizaines de mètres en direction du col et des crêtes toutes proches. Le soleil est de la partie. Longue descente dans la bruyère au creux des vallons en terrasse. Un randonneur anglophone passe et j’interroge les deux suivants : des parisiens, sur la suite de l’itinéraire et aussi sur le village de Saint Lizier d’Ustou. Car à Bidarray (Jour 3), j’avais rencontré un randonneur qui habite ce village. Il m’avait dit : «j’habite à Saint Lizier d’Ustou, c’est dans l’Ariège, c’est très loin ». Et si je vais jusque là (j’y compte bien), j’aimerai bien le retrouver pour qu’il m’offre l’hospitalité ! D’après les infos des deux parisiens, Saint Lizier est un tout petit village, avec un camping qui fait épicerie. Ils me mettent aussi en garde sur le chemin pierreux, plus bas, qui est trempé et difficile, car glissant. Au sortir de la forêt, je vois subrepticement deux chevreuils. Le mâle court après la femelle, viennent dans ma direction, demi-tour et disparaissent. 5 secondes au total mais cette vision m’enchante. Le mâle court après la femelle, disons surtout que la femelle fait courir le mâle ! C’est la règle dans le règne animal et il en est de même dans la société humaine !!!
La voie pavée trempée est bien au rendez-vous. Pentue, glissante et longue ! Il me faut près d’une demi heure pour en venir à bout, doucement, tout doucement. Si doucement que cette lenteur ferait presque du bien à mon genou droit ! Arrivée en bordure d’un canal au cours tranquille dont le fleuve nous est présenté comme étant la Garonne. Elle prend sa source en Espagne, évidemment, mais je ne pensais pas la trouver là, si tôt, si près. Route nationale bien fréquentée pour rallier le village de Fos. Après un détour dans le village, je retrouve l’unique cabine téléphonique… au bord de la nationale ! Dans le village, me voyant égaré, cherchant de toutes part, deux habitant successifs me lancent : « le GR10 ? » Croyant que je cherchais la suite de l’itinéraire. Je réponds : « Non, cabine téléphonique ! »Elle est devant la mairie qui fait aussi poste. Je mange quelques biscuits pour chien et 1 tablette de chocolat sur le banc, devant la mairie de Fos. Il manque une fontaine ici, c’est évident !
Départ pour Melles, sur le goudron. J’atteins ce petit village plus vite que prévu, en seulement 40 minutes. Ici on annonce « le pays de l’Ours »… Remplissage de la gourde souple à la fontaine près de l’église joliment fleurie et marche goudronnée vers le dernier hameau : Labach. J’y arrivé épuisé, à bout de force et avec sans doute une ampoule au pied gauche, alors que je porte pourtant les chaussettes anti-ampoules ! A Labach, une mamie sur le bord de la route, me voyant dans cet état me dit : 
-         Il est pas au bout de ses peines.
-         Vous ne savez pas d’où je viens…
-         Je m’en doute.
Les quelques gouttes tombées jusqu’alors deviennent vite une belle averse dans ce qu’il faut bien appeler l’ascension vers la cabane d’Uls. Un important dénivelé, le brouillard qui se lève et la pluie qui tombe. Tout pour plaire, vraiment. Même si la pluie me rafraîchit un peu (je suis en tee-shirt), il ne fait seulement que 14°C dehors. Je dois m’arrêter souvent tant la pente est raide, et pourtant je monte lentement. A une pause, pour me redonner force et vigueur, j’avale un cachet de vitamines. A des randonneurs croisés plus haut, je demande si la cabane est encore loin. Ils me disent 45 minutes d’abord, puis la femme se ravise et annonce : « Oh non, au moins une heure ». Ils descendent en me souhaitant « bon courage ». J’estime pour ma part être à seulement une demi heure du but. Car ce sera le but ultime de ce jour, tellement la météo est médiocre. Vient ensuite une belle série de lacets pentus, au bord de paroi rocheuse un peu glissante. Comme j’en ai marre et que je m’imagine seul, je me mets à déballer tout ce que je connais d’insultes et de grossièretés, pour me calmer et m’encourager aussi : «Putain de merde, sentier de con, le salaud, comme il grimpe, etc. » Et j’entends certains échos résonner au loin. Les deux randonneurs du dimanche doivent être horrifiés de ce qu’ils entendent ! Encore et encore monter, puis enfin un replat herbeux et le fameux plateau marécageux décrit dans le topo guide. Le brouillard s’abat et je n’y vois presque plus rien. Je gueule de plus belle. Dans la boue, sur le sentier, je distingue une empreinte qui n’est pas celle d’un chien, ni d’un chevreuil. Serait-ce un ours ? Petite empreinte de 10 centimètres de long seulement. Dans le brouillard, mes lunettes sont pleines de buée et de gouttes, de sueur et de pluie si bien que je ne distingue plus rien ! Des panonceaux indiquent la direction de la cabane d’Uls et je les suis. Ne voyant rien à travers ce brouillard, je gueule encore : « elle est où cette putain de cabane ? ».
Et paf, au débouché de la butte herbeuse, elle jaillit du brouillard à quelques mètres de moi seulement. A côté, une tente où discute un couple d’étrangers eux aussi perdus ou bloqués dans le brouillard semble-il. Je m’installe dans la cabane d’Uls (1868 m) et commence à manger un bout. Mes vêtements sont trempés, évidemment : bermuda, tee-shirt et caleçon sèchent tant bien que mal.
Repas : soupe et pâtes.
Arrive un randonneur doublé au départ de Labach. On discute et je lui propose une soupe comme il n’a rien de chaud. On discute bien et il est sympa. M’offre un bout de Towblerone. 18°C dans la cabane. Avec un brouillard allant et venant. Temps humide d’automne, un peu triste. Une journée comme celle-là, à descendre puis monter de l’autre côté, avec du goudron au milieu, m’a épuisé. Vivement que l’Ariège soit passée car je commence vraiment à être épuisé. Vivement aussi que l’Ariège soit passée pour attaquer les « dernières collines » en direction des Pyrénées orientales, de Banyuls et de la Méditerranée.
Couché à 21h40 !
 
7h00 de marche effective

Date de création : 19/08/2008 @ 05:37
Dernière modification : 19/08/2008 @ 05:37
Catégorie : PYRENEES - GR10
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