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PYRENEES - GR10 - JOUR 40

Jour 40 – Vendredi 20 août 2004

 
Réveil 6h00 – Lever 7h30 – Départ 8h35
Dans la nuit, un animal est passé dans la plantation de chênes lièges, près de la tente, car j’ai distinctement entendu les feuilles remuer. J’ai moi aussi poussé un grognement et les bruits se sont évanouis, comme par magie. Il était 2h15. Il faisait chaud hier sois sous la tente : 24°C vers 20h00. Exceptionnellement depuis bien des jours, ma cheville droite ne me fait pas trop souffrir ce matin, car elle entre sans broncher dans la chaussure. Je fais néanmoins quelques va et vient autour de la tente, pour chauffer un peu la cheville et les genoux, et réveiller ce corps bien fatigué qui n’a qu’une hâte, qu’une envie légitime : arriver à Banyuls et se reposer ! Descente en une grosse demi-heure sur Arles sur Tech. Je croise deux hollandais qui montent, lourdement chargés comme à l’habitude du plus grand nombre. Je demande s’ils font le GR10. On me répond que « oui », dans un français si hésitant que c’est de l’anglais ! Je demande d’où ils sont partis et le premier hoche la tête en direction de la ville que l’on voit toute proche, à travers les arbres. Ce sont des « tous jeunes » sur le sentier ceux-là ! Tous frais éclos du car ou du train, sans ampoule, fatigue ni mal au dos ! Bonne chance les gars ! La mairie, la poste et l’office du tourisme sont regroupés à quelques mètres les unes des autres. Direction l’épicerie du coin (Spar) où muni de mes 20 derniers euros, je fais de modestes provisions. Comme on ne m’a toujours pas donné de ticket, voici de mémoire ce que j’ai acheté, pour environ 14,50 euros :
 
-          500 g de semoule à couscous
-          2 x 4 tablettes de chocolat ASTORIA, lait noisettes. Premier prix et pas bon du tout !
Monsieur ASTORIA, faut vraiment faire un effort conséquent sur la qualité du chocolat !
-          1 camembert
-          1 gruyère emmenthal de 250 g
-          3 soupes gratinées
-          2 boites de pâté à la volaille
-          2 baguettes de pain.
 
Fort de ces nouvelles munitions alimentaires, je vais tester le moelleux du camembert en le tartinant sur l’une des deux baguettes, sur la place de la Halle des Sports. 1 tablette de chocolat aussi. Cela fait du bien de manger, presque à sa faim, si vous saviez. Las de chercher en vain, je vais remplir ma gourde aux toilettes publiques (eau tiède) et m’en vais sans demander mon reste d’Arles sur Tech.
La montée au col de Paracoll (902 m) se fait dans la même décor que la descente sur Arles sur Tech : des blocs de pierre semblables à des coulées de lave refroidies prématurément, massifs de buis, pierres sous les pieds. Montée pas très difficile mais nouvelle déception au col, car il n’y a pas de panneau et surtout pas de vue, car il est noyé dans la végétation. Le lieu-dit « Moulin de la Palette » est situé au milieu de nulle part. Au fond d’un vallon noyé de végétation où coule un modeste ruisseau et où le soleil ne fait que de rares apparitions semble t-il. De là, quelques hectomètres de route goudronnée, puis le sentier monte à nouveau dans le bois, monte, monte encore (alors que le graphique du topo guide disait que ça descendait), franchit un vallon, tourne encore et là, on aperçoit ce minuscule hameau de rien du tout, regroupement misérable de trois bâtiments et d’une chapelle où l’on va passer, après être monté puis descendu, à travers bois, sur un sentier évidemment peu fréquenté.
Si vous cherchez l’oubli, l’abandon, le dépaysement au bout du monde, une vie calme et recluse, venez à Montalba d’Amélie.
Calme et tranquillité assurés !
Cherchant la suite du GR, je pénètre dans le hameau dont les 2/3 des maisons sont en ruine ou à l’abandon. Quelques pas suffisent à traverser le lieu-dit. Faisant demi-tour, un gamin poussant une brouette cri en me voyant, en direction de son père : « Papa, papa, un monsieur pour le gîte ». Je demande simplement à son père de m’indiquer la suite du GR et lui demande combien de temps pour Banyuls ? J’y serai de toute façon, si la météo le permet lundi à midi. Petit creux alors je mange une tablette de chocolat, assis, devant ce hameau misérable et beau à la fois, juché sur son rocher. Qu’il serait bon de racheter ces maisons et de les remettre vraiment à neuf pour en faire de vrai gîte et tables d’hôtes, car le site est assez mignon, calme et retiré.
Le sentier jusqu’à l’ancienne scierie de Mouli Serradou est en sous-bois, montant un peu au début, descendant plus loin et finissant en large faux plat à l’approche de la ruine. Je remplis ma bouteille d’1,5 litre au ruisseau qui coule juste en dessous, en guise d’assurance, pour le repas de ce soir, au cas où il n’y aurait plus rien ensuite, que je puisse au moins me faire une soupe et un peu de semoule. C’est parce que j’ai été sévèrement échaudé au Pays Basque et peu avant Superbagnères, que maintenant je prends les devant ! Un randonneur avertit en vaut deux ! De la scierie au col Cerda, le dénivelé se fait plus important, mais heureusement la distance est faible, autour d’un kilomètre. Toujours pas de mer à l’horizon, mais d’autres chaînes de petites montagnes, pics ou collines. Le ciel se couvre peu à peu de nuages menaçants. Le sentier jusqu’au col du Puits de la Neige me semble bien long et difficile, vallonné qu’il est, montant bien, descendant, remontant et redescendant encore et encore, presque à l’infini, tout en faisant le tour de la montagne, à flanc dans la forêt. Il me semble ne jamais en finir. A la hauteur du Roc de France, des trouées dans la végétation me laissent entrevoir au loin ce que je suppose être Perpignan et surtout la MER ! Juste quelques instants, quelques secondes mais qui fond chaud au cœur et permettent de dire : ENFIN !
Les jambes se font alors plus légères, les pieds plus aériens raclent moins le sol et un regain de force supposé anéanti donne une ultime impulsion pour marcher plus vite, aller voir plus loin, car on doit voir mieux, on doit voir loin. Durant une bonne demi heure, je me mets à cavaler comme aux belles heures du Pays Basque, mais voyant que le bois de la Marquise ne laisse entrevoir que des arbres à perte de vue, je perds vite courage et mes jambes avec ! La fatigue revient, les injures aussi, contre la montagne, les Pyrénées où je ne veux plus remettre les pieds et surtout contre cet idiot des graphiques de la FFRP qui s’est encore et encore planté, le sentier monte encore et encore. Arrivée toutefois au col du Puit de la Neige, col situé sur la frontière avec l’Espagne. La vue au-delà du col, la seule dégagée permet de voir la côte espagnole. Je descends dans la foulée vers le col dels Cirères, où je compte bivouaquer cette nuit. Enfin « descendre » est un bien grand mot, car il y a encore de belles montées à faire, à cette heure là ! Et dans les éboulis ou les pierriers en plus. Manquait plus que ça à quelques heures de la fin : du vrai sentier de merde. Dans ces moments là, je me dis qu’il faudrait attacher le type des graphiques derrière un âne et le traîner sur le GR, pour lui inculquer que « quand le sentier descend, on dit que ça descend et quand ça monte, on dit que ça monte ». Et qu’il faut un peu réfléchir et se renseigner avant de tracer un trait à la va-vite, comme pour se débarrasser… Quel crétin celui-là, pire que l’idiot du village…
Après de belles descentes et d’aussi belles remontées dans les pierres et la caillasse, toujours en sous-bois, on arrive après une bonne heure au col del Cirères, d’où la vue est splendide sur… la forêt environnante dans laquelle on est noyé ! Toujours pas de mer à l’horizon. Quel dommage car j’aurai aimé la contempler depuis ma tente, allongé sur mon duvet, à me dire que c’est pour très bientôt… 18h37, arrivée au col.
Je monte la tente au bord du sentier, sous les arbres, près du carrefour et à ma grande surprise, le sol est facile, aisé pour enfoncer les sardines. Dieu que j’ai vilipendé dans mes injures n’est donc pas trop rancunier. Terrain plat, facile pour bivouaquer, avec une couche de feuilles mortes. Mais pas d’eau. Pas grave. Je ferai avec mon 1,5 litre de « secours » car j’ai bu l’intégralité de ma gourde souple de trois litres, depuis Arles sur Tech.
Il y a du réseau, mais je n’ai plus de batterie, dommage.
Repas du soir :
-          1 tablette de chocolat
-          1/2 Emmenthal
-          1 double soupe gratinée
-          1 bon morceau de semoule sucrée
Pas de purée pour une fois, ça change, ça fait du bien ! Pas vu mes deux compères de randonnée aujourd’hui, sans doute demain ? Quelques gouttes se mettent à tomber dès 21h00. Faiblement, pas intermittence. Faudrait tout de même pas trop que ça s’éternise car mon double toit n’est pas très étanche, hein ?
Demain soir, s’il fait beau et si le temps le permet, j’aimerai aller dormir au col de l’Ouillat (936 m), situé à 2h45 après le col routier du Perthus. J’en suis actuellement à près de 6 heures avant !!! La journée sera encore longue mais avec un peu moins de dénivelé qu’aujourd’hui.
Cà se termine, heureusement.
Couché à 22h15. 16°C sous la tente, à 1015 m. Il me reste en tout et pour tout 6,74 euros !
 
7h54 de marche effective
 

Date de création : 23/08/2008 @ 09:41
Dernière modification : 23/08/2008 @ 09:41
Catégorie : PYRENEES - GR10
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