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ALPES - GR5 - JOUR 26
26e jour  – 12 juillet 2005
 
Fait exceptionnellement rarissime et important pour la première fois depuis une longue semaine, la nuit fut douce, sans aucun caprice météorologique nuisible ou humide. Le soleil magnifique et les températures à la hausse dès le petit matin, malgré un fort vent qui chasse devant lui des troupeaux de nuages promettent une belle journée. Une journée tranquille surtout car ce soir, destination Les Rousses et pas un mètre de plus. N'étant pas attendu à Thonon avant le 14 ou le 15 juillet, donc nul besoin de forcer la cadence de manière délibérée.   
Le tranquille sentier qui longe maintenant l’orée du bois conduit sagement à la Chapelle-des-Bois, entre les prairies et les petites éminences de collines boisées. La journée entière est placée sous le signe de la promenade familiale. A côté de l’église, la fontaine livre un mince filet d’eau, quasi goutte à goutte chétif semblant devoir finir bientôt avec toujours la même inscription enjouée : « eau non contrôlée ». Le parcours de golf semble ici pour le moins incongru tant les vaches et leurs bouses endémiques s’avèrent à des lieues du green balayé par de fortes rafales de vent. Les petits drapeaux rouges s’arc-boutent pour ne pas s’envoler au-delà de la frontière tout proche. A un bon demi kilomètre des dernières maisons, en plein champ où dansent les herbes folles et divers bouquets de fleurs en une ritournelle multicolore, une petite croix corrodée par les siècles et les siècles matérialise timidement l’histoire. Contemporaine de Louis XIII et Richelieu, de la conquête du Canada et de la Guerre de Trente ans, c’est dans ce même champ que l’on ensevelissait les dépouilles des malheureux atteints de l’épidémie du siècle, comme en porte témoignage l’inscription sur cette croix ouvragée de rouille : « cimetière des Pestiférés – 1639 ».
 
 
A la sortie du village, les choses se compliquent un peu puisque le GR5 qui est sensé grimper sec et droit vers les crêtes frontalières, part à travers champs, en de longs faux plats sans plus d’intérêt. Des vaches au pré manifestement dérangées dans le cours paisible de leur rumination perpétuelle tournent la tête vers ce bipède impromptu.
La variante du GR tient lieu d’itinéraire officiel tandis que le parcours balisé est barré d’innombrables croix et autres mises en garde. Dommage car même si les forces commencent déjà à me manquer ce matin, j’aurai su faire l’effort de grimper jusqu’à la croix sommitale du Risoux (1326 m) afin d’y admirer le panorama. Balade plutôt bucolique d’inspiration islandaise ou scandinave avec deux petits lacs bordés de charmantes cabanes en bois. Pas des bicoques ni des palaces, de jolies petites cabanes où l’on doit apprécier et savourer à sa juste valeur le grand air et le paysage, en ayant toujours à portée de main, une canne à pêche ou un panier pour les champignons.  
 
 
Au niveau de « Sur les lacs », un peu d’intuition couplée à un sens de l’orientation minimaliste laissent à penser qu’il y a un léger souci d’itinéraire. Léger souci oui c’est bien le mot, quand le GR part vers l’Ouest et que je descends plein Sud ! Il faut immédiatement quitter le sentier pourtant ici balisé en GR et tout faire pour gagner de l’altitude. Un chemin dans les champs devient vite un sentier noyé sous les herbes hautes et trempées qui sillonne entre les près et finit par se perdre à l’arrivée dans le bois. Avant cela, dans un coude du sentier, j’ai le plaisir rare de pouvoir surprendre un jeune renard. Assis en plein milieu du sentier, me tournant le dos, insouciant et serein, il lisse son pelage en une toilette matinale, à trois ou quatre mètres à peine. Je pourrai lui sauter dessus, le toucher. Le temps s’arrête. Pas suffisamment pour sortir l’appareil photos, juste assez pour se regarder dans les yeux. La surprise qui une micro seconde a point sur ses pupilles est bientôt métamorphosée en sage assurance matinée de confiance héritée des siècles. Car en quelques foulées agiles Maître Renard disparaît sans trop se presser dans le couvert du bois. Appréciable vision fugace de nature et de liberté.
Monter droit à travers bois, au petit bonheur la chance n’a rien d’extraordinairement palpitant. C’est pourtant la seule méthode efficace pour retrouver son chemin. Pour au moins retrouver un chemin ! Une petite heure de Colin-maillard au milieu de nulle part et l’on finit par sortir du brouillard au niveau du Chalet des Ministres. De nombreuses pistes forestières et routes goudronnées sillonnent la forêt du Risoux et pourraient porter à confusion. De ce carrefour forestier particulièrement emprunté par les voitures, le balisage mène à travers bois, pistes carrossables ou sentiers en forêt jusqu’au dynamique bourg des Rousses, situé dans le Jura. Nous en avons enfin terminé du département du Doubs et espérons avoir pour longtemps quitté la boue, le climat et les températures automnales. Le Doubs est mort. Vive le Jura !
Le village des Rousses est sans conteste le plus important rencontré depuis le déjà lointain Villers-le-Lac. Deux mille six cents habitants au bas mot, plusieurs centaines de touristes. Cherchant un gîte d’étape à la sortie de la ville, je vais de guerre lasse me poser à l’hôtel le plus proche. Certes plus onéreux mais plus tranquille aussi avec une douche pour moi seul et du calme, sans aucune promiscuité souvent nuisible avec des touristes bruyants, éloignés des impératifs de la rando.
 
 
Les pieds en éventail sur le lit (le quatrième lit seulement en vingt-six jours), je regarde mollement attentif les derniers quarante kilomètres de l’étape du Tour de France : Grenoble – Courchevel retransmis en direct à la télé. Evidement Armstrong qui jure toujours ses grands dieux ne s’être jamais dopé, est déjà en maillot jaune. Rien de bien palpitant à voir des types aux mollets épilés grimper des cols presque plus vite que les motos suiveuses, sans que cela jamais ou presque n’attire l’attention suspicieuse des journalistes chargés de commenter l’événement prétendument sportif… Le chien ne mord pas la main de celui qui le nourrit dit le proverbe. Pourquoi alors des journalistes qui vivent du Tour de France soulèveraient-ils eux-mêmes le couvercle qui cache de moins en moins bien les signes distinctifs du dopage avéré ? J’aimerai bien le voir porter un sac à dos dans les cols alpins le cador en jaune, voir dans quel état il serait le soir à l’étape quand il faut encore monter la tente et dormir à même le sol ou dormir sous la pluie. Pas de masseur, de repas complet pour moi. Et fort heureusement non plus, pas de « soigneur » aux méthodes frauduleuses.
Demain le Tour fait étape à Briançon.
Dans combien de jours, après combien de cols et combien de douloureuses fatigues serai-je moi aussi à Briançon ?
Vingt jours ?

Date de création : 10/02/2008 @ 17:40
Dernière modification : 22/07/2008 @ 11:02
Catégorie : ALPES - GR5
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