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ALPES - GR5 - JOUR 43
43e jour – 2 août 2005 (+16 de Thonon) 
 
Blottie sur le coin des remparts, la collégiale de Briançon (1290 m) fait triste mine en ce petit matin gris où alternent invariablement crachin, trombes d’eau et averses glaciales. Neufs petits degrés Celsius ont de quoi rafraîchir les ardeurs du randonneur pour celle qui se targue d’être la plus haute ville d’Europe et accessoirement l’une des plus ensoleillée de France !!!
 
 
La ville haute qui recèle les quartiers historiques de Briançon, s’articule autour de ses deux gargouilles, canalisations à ciel ouvert héritées du Moyen-Âge et dont la fonction était de lutter contre les incendies en acheminant par déclivité naturelle l’eau au cœur de la ville. Ces gargouilles, grande et petite drainent aujourd’hui l’eau tout autant que les touristes dans les ruelles pavées et pentues. Boutiques de souvenirs, brasseries ou restaurants accaparent le pavé. Une petite épicerie résiste tant bien que mal aux sirènes du commerce effréné. Elle y résiste tellement bien que l’accueil y est décourageant et l’étalage sommaire en denrée adaptée à la randonnée au long cours. Mais ce ravitaillement basique permet de ne pas descendre au supermarché en ville et demeure appréciable. Slalomant entre les touristes, le sac plein à craquer de provendes bénéfiques, on n’en oubliera pas pour autant de lever la tête et de porter attention aux différents édifices, bâtisses, sculptures ou plaques marquant l’histoire de Briançon qui jalonnent la gargouille, où évidemment on se gardera de tomber ! La fontaine François 1er (du XVIe siècle), ainsi que la maison servant de gîte au Pape Pie VI (1799) sont des curiosités inévitables et pittoresques de cette Grand rue colorée et animée. La descente dans le parc de la Schappe, en sous-bois et escaliers de pierre témoigne encore de l’influence de Vauban qui comme en de nombreuses places fortifia la ville.
Je recommande vivement de faire au plus simple pour gagner Villard Saint Pancrace et les premières hauteurs la chapelle Saint Laurent, point de départ de l’ascension vers le col des Ayes. Nous y serons dans un peu plus de trois heures, patience !
Tout à côté de cette petite chapelle, un banc ouvrant sur le panorama permet une dernière halte et un ultime regard à Briançon, la vallée de la Durance et les montagnes du Dauphiné. Briançon effacée, la prochaine localité d’importance est dorénavant Saint Etienne de Tinée, agréable, douce et ensoleillée commune des Alpes maritimes…
 
 
Sur le sentier en forêt puis sur la piste goudronnée aboutissant aux chalets des Ayes, il me semble être le seul abruti à marcher ainsi sous la pluie noyée de brouillard dense. L’eau qui ne tombe du ciel suinte de la terre, dégouline des arbres, envahit les vêtements mais ne saurait atteindre le moral. La minuscule chapelle Sainte Elisabeth marque l’entrée du hameau, en sortant du brouillard, lentement suivie par les autres habitations se découvrant avec une rare pudibonderie. Ce verdoyant vallon entouré de forêts et coiffé de cimes ou crêtes se fait le havre idéal au pâturage de légions de vaches peu soucieuses de la dégradation des conditions météo. 
Quelques cheminées fument et embaument alentour d’un panache de fumée ravigotant. Réconfort tout symbolique car l’odeur de la fumée ne saurait transmettre la chaleur du foyer ! Néanmoins, lorsque par malchance on se retrouve à marcher ainsi dans le brouillard en montagne, l’odorat vient en renfort de la vue rendue défaillante. Lorsqu’on distingue au travers des émanations d’écorces détrempées, des bouses liquéfiées, de la transpiration poisseuse et glacée le léger fumet d’une cheminée, le bon sens et le moral retrouvent le zénith d’où ils ont chutés. Cette petite odeur de fumée, toute fluette ou épisodique soit-elle apporte grand nombre de précieux renseignements. On sait que s’il y a de la fumée, selon l’adage, il y a du feu. Certainement un lieu habité, avec eau et peut-être nourriture et abri, etc. 
On n’est dès lors plus perdu.
La suite du sentier grimpe assez raide en sous-bois et s’atténue en quinze minutes pour retrouver un degré d’ascension plus acceptable. Le bois se dissipe et laisse place à l’alpage des chalets de Vers le Col (2163 m). On aurait tout aussi bien pu appeler le lieu :
-          chalets d’avant le col
-          chalets d’en bas du col
-          chalets du pied du col
Mais sans doute que « vers le col » sonnait mieux ! 
Cinq à six cabanes éparpillées le long de cinq cent mètres de sentier dans la prairie et pas âme qu vive. Allongées sur un replat sans doute un peu moins battu par les vents, quatre vaches forment un carré, chacune ruminant dans une direction. Chacune d’elle doit avoir son avis sur la pluie persistante et le brouillard. Depuis le matin, je n’ai pas quitté le k-way.
 
 
Marcher seul dans le brouillard ou sous la pluie n’est pas trop contraignant lorsqu’on a un but que l’on sait réalisable. Que diriez-vous du col des Ayes ? Il nous honore d’une apparition évanescente au grès de la danse mouvante des nuages gris ou blancs. 314 mètres et trente cinq minutes à remonter la combe herbeuse en passant à proximité d’un cairn longiligne et nous pouvons apprécier la vue bouchée par 8°C et vent fort !!!
Sur le versant opposé du col, la vallée se fait plus accueillante. Quelques pointes de timide ciel bleu et presque un peu de chaleur témoignent d’un radoucissement certain. Quatre lacets et voici la rustique cabane de berger adossée à une butte. A deux pas, un bon torrent gazouillant d’énergie désaltérera les plus assoiffés qui n’oublieront pas d’observer au loin les charmants chalets de Clapeyto blottis dans un verdoyant vallon semblant oublié du monde et de ses turpitudes. Si ce n’était la présence symbolique et parfaitement intégrée dans le paysage d’une via ferrata, la prairie de Pré Premier aurait de faux airs de matins du monde. De hautes parois à la verticalité impressionnante encerclent la pelouse totalement plane de ce qui pourrait être une aire de golf. Plat, vert et entouré d’infranchissables barrières rocheuses le lieu rappelle ces réserves africaines sises au fond de cratères éteints où seuls l’effort et la pénibilité permettent à de rares hommes d’accéder à pied.  
Un étang à la circonférence trop parfaite et une antique grange en madriers massifs et séculiers admirablement préservée matérialise la main de l’homme.
 
 
Moins poétique, la piste carrossable rapproche plus bas du terrain de camping éparpillé entre les arbres et voici Brunissard (1746 m). Jonction avec la route menant au col de l’Izoard et avec le GR 58 formant une partie du Tour du Queyras.
Le hameau suivant de la Chalp (1685 m) dispose d’un appréciable gîte d’étape où le climat orageux pousse à s’arrêter. La douche chaude, le lit moelleux et le repas gargantuesque interdisent toute erreur : c’est bien ici qu’il judicieux de trouver à se reposer. L’onctuosité de la tarte au citron meringuée saura convertir les plus revêches !  

Date de création : 14/02/2008 @ 08:55
Dernière modification : 22/07/2008 @ 11:05
Catégorie : ALPES - GR5
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