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ALPES - GR5 - JOUR 47
47e jour – 6 août 2005 (+ 20 de Thonon)
 
De Bousieyas au col du Blainon
 
Décollage du gîte d’étape de Bousieyas à 7h20 tandis que les pingouins de service n’en sont encore qu’au petit déj’.
Le hameau se réveille dans l’ombre fraîche du matin, avec alentour déjà du ciel bleu à profusion. Dans un léger sous-bois de feuillus propice à l’isolement tranquille, je surprends un chevreuil solitaire qui fuit en quelques bons agiles dans le couvert. Un peu plus haut sur le sentier, un randonneur avisé a écrit sur le sol avec de grosses pierres un magnifique « Nice » avec une flèche directionnelle également en pierres. Cette inscription me prête à sourire, car dorénavant le but ultime de la Méditerranée semble à portée de main,… et de pieds.  
La montée jusqu’au col est peu fatigante et même parfois agréable au milieu de cet alpage souvent plat qui offre d’innombrables lieux de bivouac agréables. Si j’avais su passer une si mauvaise nuit à Bousieyas, j’aurai poussé d’une grosse demi heure à peine pour me retrouver dans le calme et la tranquillité qui n’ont d’égal que l’isolement et la sécurité qu’ils proposent…
Du col de la Colombière (2237 m), la vue s’étend loin de part et d’autre. 12°C à 8h30.  
En se retournant, on peut observer la dentelle apparemment infranchissable du Pas de la Cavale, protégé en son pied par le fantomatique Camp des Fourches avec la route mythique du col de la Bonette. 
De l’autre côté, en contrebas dans la clairière, on devine la suite et le col d’Anelle où il faudra passer d’ici peu.
J’avais le souvenir d’une ascension difficile et parfois sujette au vertige depuis Saint Dalmas le Selvage. Aussi j’appréhendais la descente avec beaucoup de circonspection vers ce joli village de montagne.
Quelques passages un peu étroits, dans le schiste et en surplomb du vide sont toujours là. Personne n’a hélas pensé à les arranger, les renforcer à peine (parties s’écroulant), c’est bien dommage. Mais en n’y pensant pas et surtout en ne s’arrêtant pas, tout se passe bien…
Chut, regardez : Un groupe de cinq chamois dévale le flanc de la montagne à toute vitesse sans plus de difficultés, ni appréhension, passe ici et se retrouve un bref instant sur une terrasse en devers ensoleillée, avant de disparaître. Vision extraordinaire et fascinante de voir l’agilité, la rapidité et le sens de l’équilibre de tels animaux. Je suis admiratif… et béat !
Presque à mi parcours se trouve le hameau de « Rochepin ». Doit-on dire hameau ou lieu-dit ? Il s’agit d’un agglomérat de quelques cabanes de pierre et de bois, privées, perdues en pleine montagne, sans eau courante ni électricité. Un heureux propriétaire a posé une petite éolienne de poche sur le toit de son chalet d’altitude. Seul le bruissement des pâles dans le vent perturbe un temps le calme du lieu. Je serais curieux de savoir qui vient ici passer une nuit ou un week-end. Vue imprenable sur la vallée.
Peu avant d’arriver sur Saint Dalmas le Selvage, bien mieux qu’un panneau indicateur, voici les premiers bouquets et bosquets de lavande, signe absolu d’arrivée dans le Sud.  

Qu’elle est bonne et douce, encourageante aussi l’odeur de la lavande fraîche !

Un bon coup au moral, revitalisant.
Rien n’a changé à Saint Dalmas le Selvage. Je ne trouve toujours pas la cabine téléphonique et il n’y a pas de réseau ! L’église ornée de son saint cavalier veille toujours sur le petit village situé loin des axes routiers. Village tranquille, loin des animations et gesticulations du monde.
Cinquante minutes sont nécessaires pour rallier le col d’Anelle (1739 m), par une large piste carrossable sans difficulté. Une fontaine gazouille sous les arbres. En 2003, j’avais bivouaqué à proximité, dans un champ moelleux et plat. J’avais rencontré Mireille Ronchail, la bergère de Saint Dalmas le Selvage, qui venait faire boire ses moutons à la fontaine. Je devrait même dire à « sa » fontaine, car m’a t’elle expliqué, ce sont les bergers qui ont construits cette fontaine, de leur main, car il n’y avait rien ici. Je l’écoute d’un œil et surveille son gros chien de berger de l’autre. Elle n’a pas un « banal » patou mais un couple de bergers du Tibet, bien plus gros, dont le mâle propose une énorme gueule de sacrée amplitude… Je me souviens aussi que le lendemain elle était remontée me voir pour m’informer des tendances météo des jours à venir…
Pour atteindre Saint Etienne de Tinée, le GR 5 emprunte la même large piste carrossable et lui fait quelques infidélités juste avant d’arriver. Les festivités battent leur plein au village, puisqu’un podium est dressé sur la place de la mairie. L’orchestre « Baie des Anges » assure le brouhaha sur fond de Pink Floyd à casser les tympans. Je ne reste pas longtemps dans cette charmante petite bourgade aux belles façades typiques. On notera la présence d’une épicerie sur la place de l’église. Malheureusement ses heures d’ouvertures peu élastiques (fermées de midi à 15 h30, de mémoire), ne favorisent guère le ravitaillement du randonneur pour le moins pressé de rallier la montagne ! 
 
S’en suit une bonne demi heure à cheminer sur le bitume en faux plat d’une route secondaire.
Une piste cyclable a été aménagée sur le côté droit de la route. J’emprunte cette allée d’un vert pétant jusqu’au hameau Saint Maur où les choses sérieuses commencent, car il faut suivre le chemin de croix qui grimpe, que dis-je, qui escalade la colline. Le dénivelé est digne des plus beaux cols alpins, et la série interminable des « 13.274 minuscules lacets » fait vite perdre la notion de distance parcourue et d’altitude atteinte. On a ici la désagréable impression d’avancer sans jamais arriver. Dans le gravier, les cailloux et en plein cagnard, ce n’est plus un chemin de croix, mais une apothéose de calvaire magistral…
Tout ce chemin et ces efforts pour arriver au sommet de la station de béton d’Auron, et redescendre au centre bourg près de l’office du tourisme où coule une petite fontaine d’eau fraîche. Mince filet d’eau apaisant. La station d’Auron (1602 m) n’a guère de cachet.
Désolé pour Stéphanie de Monaco qui y a parait-il un chalet.
C’est que voyez-vous, nous n’arrivons pas à Auron par les mêmes voies d’accès ! La face Nord que je viens péniblement d’avaler laisse sur sa fin. On s’attendrait en effet à découvrir une station de ski avec une architecture propre, particulière, préservée. Quelque chose de différent. Ben non, cela ressemble à bon nombre de stations, avec ses chalets disparates, de petits immeubles sans trop d’originalité et des remontées mécaniques qui tailladent la montagne jusqu’aux cimes. Karting, circuit motos et promenades à poneys.
On appréciera néanmoins l’agréable ensoleillement des lieux.   
De même que la fraîcheur prodiguée par les rayons réfrigérés du Petit Casino ! Mêmes courses qu’à l’accoutumée pour les mêmes articles et donc un tarif similaire : 17 euros.
Le sac alourdi de quelques kilos bienvenus, mais le cœur léger, je me prépare à la douce montée en sous-bois vers le col du Blainon. J’avais gardé le souvenir agréable d’une balade en sous-bois, au sol tendre, sur un tapis d’aiguilles de pins, itinéraire étagé dans la quiétude de la forêt. Sauf qu’aujourd’hui tout a changé. Plus question de monter par là, exit le belvédère du chamois. Après avoir ravagé la montagne à grands coups de bulldozers et autres pelles mécaniques, c’est aujourd’hui le temps des semis. On engazonne à tout va et le GR officiel est fermé. Afin de laisser pousser au mieux le gazon des vététistes et skieurs, le malheureux randonneur est contraint de monter tout droit dans les pistes, d’accumuler un dénivelé impressionnant, brutal et inutile, avec un phénoménal détour. Ainsi je me retrouve passant devant un réservoir artificiel (tout est artificiel à Auron !) puis au pied des derniers télésièges. Je dois aussi remonter le long des pistes de ski jusque sur la crête herbeuse séparant Auron et son béton de Roya et sa nature préservée.
En cheminant sur cette crête, j’ai au moins l’opportunité d’avoir un magnifique panorama sur la journée de demain et le col de Crousette. Grâce à cette véritable déviation de merde, la montée au col du Blainon se traduit par… une descente sur le col du Blainon et en chemin, je laisse exploser ma colère et mon énervement à l’égard de l’idiot qui a osé baliser un GR dans des pistes de ski abruptes.
Le col du Blainon (2014 m) est un endroit sympathique de tranquillité et de calme où un sage repos pourra compenser la hardiesse inutile des heures d’efforts sur le cailloux des pistes de ski… Pas d’eau hélas. Je me repose en grignotant et en reprenant des forces pour demain, car la montée au col de Croussette et à la stèle Valette (2587 m) située encore plus haut, c’est une autre histoire.
Couché à 21h27, faute de lumière.  
 
7h57 de marche effective

Date de création : 24/05/2008 @ 15:31
Dernière modification : 24/05/2008 @ 15:31
Catégorie : ALPES - GR5
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