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PYRENEES - GR10 - JOUR 31

Jour 31 – Mercredi 11 août 2004

 
Réveil 6h00 – Lever 7h15 – Départ 9h00 – 7°C dehors et 10°C sous la tente à 7h30, dans l’ombre, à 1590 m.
Réveillé à 4h30 du matin par une goutte toute fraîche qui perle de la moustiquaire en un léger goutte-à-goutte. D’autres gouttières se sont formées, je ne sais comment. Enfin, cela ne m’empêche pas de me rendormir. Je me sers un peu plus du côté « sec » de la tente, voilà tout. Et pourtant, pas de pluie durant la nuit, hormis la rosée… Au réveil, je ne suis pas pris d’une phénoménale envie de me lever tôt, pour partir marcher vite. Bizarre, non ? J’appelle ça de la légitime lassitude. Je trainasse un peu en attendant l’arrivée du soleil : un petit pano au bord du ruisseau et quelques photos par-ci par-là. Pas très envie de partir tôt, car les chaussures sont encore mouillées de cette mémorable journée d’hier, dans le brouillard et les airelles et fougères détrempées. Pas très envie non plus, car est annoncé pour aujourd’hui le parcours en « W » pour le moins long et réputé inutile surtout, dans cette déjà longue traversée des Pyrénées.
A peine ai-je mis mes chaussures que j’ai déjà les pieds froids, glacés et trempés. Quel enchantement. Je pars tout doucement, passant sur le pont de pierre indiqué dans le topo guide et s’amorce une petite montée oubliée par le même topo guide, rayon graphique. Le sentier est jonché de pierres de toutes tailles, du gravier au gros caillou. Tout ce que je déteste avoir sous les pieds car on n’y a aucune adhérence. Et c’est tellement vrai que je glisse et m’étale de tout mon long, les jambes en ciseau, sur un faux plat à peine descendant. La fatigue y est pour beaucoup. Arrivée à l’embranchement avec l’ancien aqueduc et la bifurcation sur Auzat, une équipe de 3 débroussailleurs, tout de vert vêtus, avec bottes et casque de protection, rotofile en bandoulière, s’activent à l’entretien du sentier. En voilà une bonne chose qui fait vraiment plaisir à voir : des sentiers régulièrement entretenus ! Et c’est loin d’être le cas partout sur le GR10, hélas. Durant une petite heure, la marche sur l’ancien aqueduc est une partie de plaisir : en faux plat descendant quasi inperceptible, je marche sur les dalles de béton qui recouvrent l’ouvrage d’art. Mon pas est si lourd qu’il résonne en dessous et vibre terriblement parfois. Sentier en balcon, avec une vue sur le fond de la vallée plutôt étroite. Quelques touristes. Et des idiots d’anglais aussi. Une famille de crétins totale. Les gamins marchent devant. Le premier me frôle en me croisant et le second vient se plaquer contre moi, , sur mon ventre, se retourne et baragouine des trucs à son père. L’imbécile de petit english me bloque le passage et je ne veux pas passer à gauche, au bord de l’aqueduc, lui-même au bord de la pente ! Je suis le plus lourdement chargé, ce n’est tout de même pas à moi de céder la place… Je sifflote à l’oreille du gamin et lui tapote le crâne pour le faire bouger. Il se retourne, semble enfin s’apercevoir de ma présence et poursuit sa route lorsque ses parents arrivent. J’ai enfin la place pour passer. Je n’ai pas fait toute cette route, gravit toutes ces pentes pour me faire emxxxrder par une poignée d’anglais qui ne connaissent rien de la montagne ni des règles qu’elle impose. Pfffff…
A la fin de l’aqueduc, au niveau de la conduite forcée, se trouve un relais de poche. Mais le téléphone passe pourtant bien.
Une centaine de mètres plus loin, je croise une couple de sexagénaires assis sur le sentier, ayant le profil type des profs de maths, post soixante-huitards attardés, qui ont enseigné durant 30 ans le même rigoureux programme, dans leur bulle sécurisante de l’administration et qui n’ont pas de vraies notions de la vie réelle. Ils sont chargés comme des bourriques (sacs de 70 litres au moins), alors je leur demande s’ils font le GR. Le mari me dit oui. Puis il se rétracte bien vite, voyant mon équipement ou je ne sais quoi : « Non, on fait juste une boucle sur 2 jours. Et vous le GR ? ». J’opine du chef. Depuis où ? Hendaye.
« Ah, et vous en êtes à la moitié alors ? »
Hilare et consterné à la fois je réponds : « Vous rigolez j’espère. Si je n’en étais ici qu’à la moitié, j’aurai arrêté depuis longtemps ! ». Quand je disais que ce type de prof vivait hors des contingences normales de la vraie vie ? Ils n’ont rien à m’apprendre sur la suite de l’itinéraire et je n’ai pas envie de leur parler plus que ça, alors je m’en vais en demandant à la femme de bien vouloir libérer le sentier ! La moitié du parcours ! Je t’en foutrais moi de la moitié ! Ceux qui ont l’habitude de marcher me comprennent, je le sais ! Hameau de Marc, avec sa jolie église saint Antoine de Montcalm que je n’ai ni l’envie ni le temps de visiter. Le sentier vers le refuge de la Prunardière n’est que peu et mal balisé, de marques rares, totalement défraîchies et enfouies sous la végétation. Bonne grimpette au départ de Mounicou. De nombreux lacets qui montent et montent tant qu’on croirait arriver au ciel ! Et on atteint seulement la cabane susnommée qui n’a rien de transcendent. Eau à côté cependant.
Le sentier en balcon se poursuit dans les pins méditerranéens, les tous premiers ou presque vus depuis Hendaye ! Le type qui a rédigé le topo guide disait qu’en trois lacets on atteignait le hameau d’Artiès. Bon, encore un à qui il va falloir que j’apprenne à compter. Disons dix longs lacets pour approcher du compte bon. Au milieu de ceux-ci, sur un sentier recouvert de feuilles mortes et soutenue par un muret de pierres recouvert de mousse, je croise ENFIN un vrai randonneur qui fait le GR10. Il est d’Alsace et fait le GR à raison de 15 jours par an, au départ de Banyuls. On échange des infos. Je lui vante les mérites d’Aulus les Bains avec son bon gîte, son épicerie et sa laverie automatique ! On se prend mutuellement en photo avant de repartir.
Entre le préposé aux commentaires qui doit rédiger son « explication de texte » d’après de vieilles cartes, depuis son confortable fauteuil parisien et le type des graphiques qui ne touche pas une bille en courbes de niveaux, il faut croire que les topos guides sont conçus par les Pieds Nickelés. Je ne vois pas d’autres explications à tant d’inexactitudes, d’erreurs ou d’oubli. Et je ne suis pas le seul à le penser. Chacune des personnes à qui, j’en ai parlé a le même sentiment. Il se vend un paquet de guides tous les ans, la moindre des corrections élémentaires serait de donner des renseignements vrais et des graphiques aux courbes sérieuses…
A ce propos, je préconise l’échange des topos guides sur ce site, sous la forme d’une bourse gratuite. Cela aurait au moins l’utilité de faire baisser les coups. Pour un topo guide « donné » un offert en téléchargement ! Une bonne idée à développer, non ?!!!
Arrivé au hameau d’Artiès, je casse un peu la croûte. N’ayant pas envie, mais pas du tout envie de rallonger inutilement un périple qui l’est déjà bien assez, et ayant pu me rendre compte du peu d’intérêt panoramique de la première moitié du « W », toute ou presque passée en sous-bois, je me fie à ma raison pour décider de gagner le hameau de Goulier par l’itinéraire le plus court et donc le plus rapide. Exit donc la montée vers l’étang d’Izout. De fait, je rattrape les trois heures perdues hier dans le brouillard, à tourner en rond…Les environs d’Auzat puis un sentier de pays ombragé m’amène à Olbier. Là, près de la fontaine, une guide conférencière fait étalage de sa science à un groupe de touristes randonneurs.
Une demi heure encore et voilà Goulier, comme quoi il n’était pas besoin de se compliquer la vie avec les méandres lointains du GR, de l’étang d’Izout. C’est la fête au village : une buvette et des joueurs de pétanque un peu partout. De jeunes retraités à qui je demande ma route et la suite du GR, sont surpris lorsque je leur dis venir d’Hendaye : 
« Vous êtes encore bien frais » me dit une charmante dame
Faut se méfier des apparences ! Deux jours de beau temps sont annoncés par la météo. Je remplis ma gourde souple et l’autre bouteille pour un total de 3,5 litres, car on me dit qu’il n’y aurait pas d’eau jusqu’à Lercoul. A la fraîche, je quitte enfin Goulier et gravis le sentier de terre qui mène au col de Risoul. Il était annoncé à 45 minutes et j’y suis en 29. Ne trouvant pas de terrain plat à ma convenance pour planter la tente, je continue vers l’autre col : Esquérus. Je suppose le col, mais comme il n’y a pas de panneau indicateur, je poursuis encore quelques minutes, sait-on jamais. Le rythme de marche s’emballe, je suis pressé d’arriver quelque part, il me semble avoir des ailes… Ainsi j’arrive à 20h00 à ce qui ressemble au col de Grail. 1485 m. Pas de réseau. Pas d’eau non plus. Je plante la tente à côté de la cabane, car je subodorais y trouver un terrain plat. A 8h25 seulement, je suis allongé et pieds nus. Tee-shirt trempé, caleçon à moitié et bermuda aussi.
Ce soir, j’ai un peu faim alors je me laisse aller :
-          1 boite de pâté de volaille (125 g) avec en guise de pain grillé, une poignée de biscuits pour chien.
-          250 g de pâtes. Coquillettes. J’ai eu la main un peu lourde, mais patiemment je mange tout. Dans l’eau j’avais mis un sachet de soupe, pour ne pas la jeter et tout manger. Pas de dessert, je suis rempli à souhait.
Je dors à nouveau en « pyjama », avec dans les méandres du duvet les deux tee-shirts, la paire de chaussettes et le slip du jour, car je voudrais bien que tout ça sèche un peu…
Couché à 23h00, content de cette longue journée de marche.
 
8h37 de marche effective
 

Date de création : 21/08/2008 @ 16:47
Dernière modification : 21/08/2008 @ 16:56
Catégorie : PYRENEES - GR10
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