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COMPOSTELLE - GR65 - JOUR 04
Jour 4 – 30 mars 2009 – chemin de Compostelle
 
De Mathy à la chapelle Saint Romain (Jongieux).
 
Le vent a soufflé toute la nuit ou presque, mais abrité par les rangées d’arbres, tout s’est bien passé, malgré les castagnettes qu’ils faisaient dans les futaies. Réveil tardif car je n’ai pas entendu sonner l’heure fatidique de 7 heures. Je m’autorise en plus un frugal petit déjeuner composé de semoule sucrée, comme hier soir je n’ai rien mangé. Petite pédicure réparatrice à grands coups de ciseaux et de pansements et départ à 9h20, sous un ciel uniformément gris. 12°C.
Le sentier suit le cours tranquille du Rhône, sans plus de surprise ni de dénivelé. Le balisage est parfait et on chemine en douceur, en sous-bois agrémenté soit du cri d’une pie ou du vol lourd et bruyant de cols verts. Quelques cygnes également font des longueurs dans le matin calme. Le pont de la Loi vient fort à propos apporter un point de localisation car sans cela la monotonie s’installerait vite, à cheminer sur les berges rectilignes où la vue porte à plusieurs kilomètres. Tantôt boueux, parfois herbeux, souvent en gravillonné, le chemin de halage ne laisse guère de place à l’hésitation ou au fait de se perdre !
A hauteur de l’étang bleu (Vion – pont ferroviaire), il n’y a plus aucun arbre pour obstruer la vue et les kilomètres n’en finissent pas de durer tant et si bien qu’on n’a pas l’impression d’avancer vraiment. Seuls d’imposants panneaux pour la navigation fluviale jalonnent la lente progression. Attention, au prochain panneau bleu, direction le lac du Bourget !
Voici Chanaz (230 m), son mini port de plaisance, son canal et ses vieilles maisons qui se donnent de faux airs de Honfleur miniature. J’exagère peut-être un peu du fait de la fatigue, mais l’arrivée par la passerelle de bois surplombant le canal a vraiment quelque chose de sympa. Ce serait plus charmant avec un beau soleil. Pas prévu avant longtemps d’après la fille de l’office du tourisme qui consulte la météo sur internet. Le bureau de poste de Chanaz est fermé et sur la porte il est bien écrit :
« Pas de distributeur de billets à Chanaz »
Bien dommage tout çà. Le sentier grimpe au dessus de l’ancien moulin à huile et l’élévation permet d’apercevoir le Rhône, sa largesse et son calme majestueux. Une demi heure après Chanaz, l’oratoire d’Orgeval (430 m) situé à la croisée des chemins propose une table de pique-nique. Une fontaine aurait été un plus. Jusqu’au hameau perdu de Vétrier, cheminement en campagne, le long de nombreux près aptes au bivouac, des champs labourés ou des vignes malingres. Vétrier, 410 mètres d’altitude : rien à voir, au revoir !
Au-delà, pour gagner le hameau suivant de Montagnin (334 m), on descend dans les vignes en sommeil et les coteaux rocailleux. Quarante minutes plus tard, pause à Vraisin, où une mini placette à droite de la fontaine fait un coin de repos apaisant, même en plein courant d’air. Je viens à peine de terminer mon dernier morceau de saucisson qu’arrive au coin Michael, un costaud quinquagénaire allemand parfaitement francophone. Lui est parti de Munich il y a déjà un mois. Il a trouvé de la neige en cours de route, en Suisse. Lui aussi veut aller à Saint Jacques de Compostelle. Son sac à dos est petit, léger. Il n’a pas de tente et dort en gîte. Lui aussi dispose du petit guide jaune avec la liste des hébergeurs. Il travaille encore, mais il m’explique qu’en Allemagne, un système permet de prendre une année sabbatique en étant payé : On travaille les trois premières années avec un salaire moindre et la quatrième année, on touche le même salaire, mais c’est congé. Lui profite de cette opportunité pour faire Compostelle. Je lui souhaite d’arriver au bout, car il n’a jamais marché plus de deux semaines… Ce soir il va se trouver une chambre à Yenne. Très sympa ce Michael, mais ça m’étonnerait vraiment que je le revois, car il a un mois d’entraînement et les premières ampoules coriaces commencent à m’assaillir… Effectivement, je ne l’ai plus revu. Dommage car sa conversation était intelligente et agréable. J’espère au moins que lui a pu arriver paisiblement à Compostelle.
Au rythme où vont les randonneurs, ça ne m’étonnerait pas demain d’en voir débouler un directement de Pologne et parlant parfaitement le français !
Le village de Jongieux fait figure de chef lieu de canton, avec son école, son église et sa mairie.
Dans le village une mamie m’annonce le beau temps seulement pour dimanche (nous ne sommes que lundi…), tandis que la secrétaire de mairie promet une semaine « pas trop mauvaise ». Qui est dans le vrai ? Visite rapide de l’église dont le toit fuit et laisse une petite flaque à l’entrée. Un brûle cierge est estampillé « Notre Dame de La Salette ». C’est vraiment tout près de chez moi çà ! Et je connais bien pour y avoir fait de belles randos à la journée (col de Près Clos et le Gargas). A la sortie du village, on coupe à travers le coteau planté de vignes jusqu’à Jongieux le haut (320 m). Vieilles maisons et caves viticoles proposant visites et dégustation. De là, la chapelle Saint Romain est bien visible sur la colline. Un dernier raidillon de pure forme et le panorama s’ouvre sur le Rhône, la Dent du Chat, le massif de la Chartreuse et la lointaine Yenne que mes pieds refusent d’atteindre aujourd’hui. 16 heures, arrêt obligatoire pour la nuit. La chapelle Saint Romain (420 m) est cadenassée. Aucune visite possible, dommage. Le site est sympa, avec des tables de pique-nique, mais toujours pas d’eau. Il m’en reste une demi bouteille seulement. Pas grave. A nouveau ce soir le ciel est voilé. 14°C à 19h45 sous la tente, à l’heure de préparer quelques pâtes agrémentées d’une soupe bien chaude. La fatigue commence à se faire sentir et surtout j’entre dans la période des trois ou quatre jours (pas plus j’espère) où les pieds vont devoir se faire à la marche : avoir des ampoules et les guérir tout en marchant. Ensuite ça ira mieux et je rattraperai peut-être Michael !
Ce soir en préparant ma modeste pitance composée de ces fameuses pâtes mélangées à de la soupe, je constate que le brûleur à gaz fuit. Une flamme s’échappe de la jonction avec la bouteille de gaz. Pas bon signe. Je l’éteins et le jette plus loin où il termine de se vider dans un « pschhhhh » rageur. Fataliste, je me dis que c’est l’occasion de me débarrasser ainsi à bon compte des kilos superflus dans le sac : soit environ deux kilos de pâtes, et de semoule ainsi qu’une dizaine de sachets de soupe rendus de facto inutilisables. Je vais seulement conserver les sachets de thé et le sucre, pour faire à l’occasion du thé glacé hyper sucré. Cà ne sera pas difficile, tout est glacé ici depuis le départ !  
Gain de poids : 2,5 kilos avec le brûleur et la cartouche de gaz.
Inconvénient : il va falloir toujours se contenter de manger froid…
  Attention au poids des aliments de base ! 
Non pas qu’ils soient trop lourds à porter, mais chez vous, vérifiez bien qu’il y a le compte. J’ai ainsi acheté un kilo de semoule grain moyen. En le répartissant dans deux sachets supposés être de même poids, je me suis aperçu qu’il n’y avait en fait que 950 grammes de semoule dans le paquet de 1 kilo (poids net total) ! C’est la crise, les temps sont durs pour tout le monde, mais de là à rouler le client sur le poids, c’est pas bien joli joli !
 
Je mangerais bien du chocolat mais il n’y en a plus.
Je mangerais bien aussi du gruyère, si seulement je ne l’avais pas bêtement oublié dans le frigo, le matin du départ.
J’ai mangé ce matin, c’était le repas à ne pas louper !
Modeste consolation, une vague lueur rougeâtre illumine l’horizon en guise de coucher de soleil resplendissant.
 
10°C à 20h35.
Commence à faire un peu froid. Je dors à nouveau emmitouflé dans mes polaires, bonnet compris.
 
Durée effective de marche : 5h18
 
 

Date de création : 12/06/2009 @ 08:36
Dernière modification : 12/06/2009 @ 08:36
Catégorie : COMPOSTELLE - GR65
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