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COMPOSTELLE - GR65 - JOUR 35
Jour 35 – 30 avril 2009 – chemin de Compostelle (+ 20 jours du Puy)  
 
Du champ après Aire sur l’Adour à Arzacq Arraziguet (gîte)
 
Bonne nuit au calme sur cette aire de quiétude pour animaux sauvages. Au réveil bien sûr le duvet est trempé de rosée, mais le ciel a su demeurer au beau fixe. La lune a fait son apparition, ainsi que quelques étoiles. Les canards et les hérons vocifèrent et mettent une autre ambiance que dans un gîte ! Au moins personne n’a ronflé cette nuit. Réveil un peu difficile et habillage aussi puisque je dois mettre la polaire encore trempée de la transpiration d’hier et donc toute glacée. Départ à 7h35, par six misérables degrés. Le ciel semble clément, aujourd’hui est annoncé comme la seule journée agréable de la semaine (depuis longtemps), c'est-à-dire sans pluie. Un quart d’heure après le champ de la quiétude, voici « Apocalypse now, le retour » avec le franchissement impromptu du chantier de la nouvelle autoroute. Un panneau d’information mentionnait un sentier de contournement et je n’ai rien vu du tout. Me voilà à marcher dans les ornières boueuses et les ravines détrempées, de la gadoue jusqu’au cou. Passage sous le pont de l’autoroute où il y a bien 10 à 12 centimètres de vase et de boue mêlées.
Splatch, les chaussures sont intégralement et uniformément recouvertes de cette boue semi liquide couleur caramel. La couche est si épaisse qu’on ne voit plus les lacets. La journée commence à peine et les pompes sont déjà noyées et bien dégueulasses. Boue et bonheur commencent par la même lettre, c’est là leur seule similitude. Saleté de pays boueux et de pluie incessante qui détrempe tout. A la sortie du chantier, plus trop de balisage visible. La route grimpe un peu et arrive au lieu-dit « Troussin », sur la D456. Elevage de canards, champs labourés de cette terre grasse à perte de vue et au loin, le bonheur et la joie incommensurable de découvrir enfin la chaîne des Pyrénées sur une longueur pouvant avoisiner les cent kilomètres. Encore beaucoup de neige à mi hauteur.
Enfin les Pyrénées sont en vue !
Pas encore immédiatement accessibles, mais localisables géographiquement. Saint Jean Pied de Port est aux pieds, là bas, quelque part à seulement une poignée de jours de marche. On va bientôt sortir du bourbier. Rien de bien palpitant jusqu’au village de Latrille. Une maison sert d’abri pour les pèlerins. Juste à côté, une cabine téléphonique sans acceptation de cartes ni de pièces. Une belle merdouille de cabine, dont je ne comprends pas bien l’utilité exacte. Le village de Miramont Sensacq arrive à 10h00, depuis le château d’eau jouxtant la chapelle. Une table d’orientation sommaire indique la direction de Saint Jean Pied de Port par une simple flèche : c’est un début ! Dans le village, toujours de cette cabine téléphonique gadget. Je suis obligé de téléphoner depuis chez une gentille dame serviable avec qui je discute et que je fais rire avec mon condensé de récit de rando. Passage à la petite boulangerie d’à côté où les vitrines sont un peu clairsemées et font penser aux rayons des épiceries de la glorieuse union soviétique stalinienne ! Décoration épurée s’il en est.
-         Ils annoncent du beau temps pour deux jours, me dit la mamie d’au moins quatre-vingts ans qui tient la boutique.
-         Bon, tant mieux. C’est joli et agréable, en arrivant ici on voit toute la chaîne des Pyrénées !
-         Aaaaah, si vous voyez les Pyrénées, c’est signe de pluie.
-        
 Prochaine étape, la petite chapelle de Sensacq. Robinet d’eau potable dans le cimetière, à droite du portail. En traversant les tombes pour aller à la porte, on passe devant deux minuscules carrés abritant peut-être les dépouilles d’enfants et c’est assez poignant. La chapelle est ouverte. Eclairage automatique. Intérieur sommaire, minimaliste et sans vitraux. La sacristie contient des étagères et un bureau, le tout ressemblant à un abri de fortune pour pèlerin pris par l’averse. Joli plafond vouté en forme de coque de navire. Le plus simple et le plus court ainsi que le plus logique pour aller à Pimbo est de faire demi tour pour emprunter la route avec le panneau de chambre d’hôtes. Plus court et sans doute tout sec, exempt de boue collante car goudronné. Mais encore une fois, pour suivre au plus près le balisage du gr65, je me sacrifie pour le randonneur futur et suis les petits traits rouges et blancs.
Ouais ben j’aurais mieux fait de prendre le raccourci goudronné !!! L’itinéraire se compose de deux belles parties de boue. La première est encore aisée, plane et « peu glissante » par rapport aux jours précédents. Quelques dizaines de mètres sur le goudron de la D111 pour s’essuyer les pieds et c’est reparti pour le franchissement d’une petite colline, d’abord à la descente, puis en remontée. Quand on sait que même au plat, on patine, on glisse, on perd même l’équilibre, cette petite colline là est une belle pagaille à franchir. Evidemment, les noms d’oiseaux fusent car on a la détestable impression que le balisage s’ingénue à n’emprunter que les sentiers les plus boueux, marécageux et pourris de la région. Parcours bien laborieux au milieu de ruisselets qui en rajoutent encore, comme s’il en était besoin. « Pimbo, Pimbo, six minutes d’arrêt ». Assis sur les marches de l’église, je peste à vive voix contre les « pingouins » qui ne sont pas foutus de drainer un peu les sentiers, s’en occuper, les aménager vraiment pour les rendre accessibles et praticables. Un gentil chien du village vient s’allonger à mes pieds, l’œil tranquille et l’esprit serein. Attend-il une caresse, à moins que ce ne soit l’odeur du saucisson dans mon sac qui l’anime d’une soudaine affection non désintéressée ?!!! Direction Boucoue et Arzacq Arraziguet par la route. Fini de s’amuser pour aujourd’hui, avec les sentiers boueux où l’on patauge à deux à l’heure dans le meilleur des cas… A l’entrée du village d’Arzacq Arraziguet, le petit supermarché Shopi est incontournable puisque demain nous sommes le 1er mai. Le pépé devant moi à la caisse, a trois cubitainers de vin rouge dans ses courses. Il a mis un costume et un béret surannés. Il est venu faire ses courses avec un vieux tracteur car à la sortie du magasin, je le vois remplir les cageots de provisions à l’arrière du tracteur avant de grimper en selle. Direction le centre bourg et l’office du tourisme. Tampon jacquaire. Je discute une bonne demi heure avec la fille de l’accueil vraiment très très sympathique. Je lui demande naïvement combien il y a encore de kilomètres pour Arthez de Béarn où il m’aurait plu d’aller pour la nuit : 25 kilomètres environ. Il n’est que 15h30, mais j’avais plutôt escompté quinze kilomètres au plus.
Elle me propose le gîte d’étape communal. Reste de la place. Allons-y donc ! La discussion se poursuit sur le chemin de Compostelle, les Pyrénées, le pic du Midi d’Ossau et d’autres anecdotes sur les pèlerins. Passage à la poste pour un coup de tampon standard. Le gîte d’étape se situe au bout de la grande place. « Centre d’accueil » impossible à louper. Grande capacité, mais dans des chambres de quatre lits non superposés. 10,50 euros la nuit. La douche brûlante fait du bien après la douche froide d’Aire sur l’Adour. Suis bien fatigué ce soir encore, même si la journée de marche n’a pas était trop longue. J’estime à quatre jours maximum le temps encore nécessaire pour arriver à Saint Jean Pied de Port, situé en bas de la 23e page de mon découpage perso (Le Puy-Saint Jean Pied de Port). Ce soir à Arzacq Arraziguet, je suis sur la 20e. Croisé personne de connu aujourd’hui. Willy doit passer la nuit à Aire sur l’Adour. Le temps d’écrire le récit quotidien, mes affaires éparses et le duvet sèchent de la rosée du matin dans ce champ où je n’ai pas si mal dormi.
Fera t-il beau demain ? Willy n’est plus là pour en rire avec moi.               
 
Durée effective de marche : 5h58
 
 

Date de création : 03/07/2009 @ 16:23
Dernière modification : 03/07/2009 @ 16:23
Catégorie : COMPOSTELLE - GR65
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